Qu’est-ce qu’une vidéo qui fait 10, 20, 60.000 vues sur LinkedIn ? Comment mesurer sa pertinence ? Quelles techniques, savoir-faire mettre en oeuvre pour produire des publications qui seront commentées et partagées par des centaines de personnes ? Pas de recette miracle dans ce billet, mais quelques indications qui vous seront utiles.

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L’effet WOW !

Ne nous laissons pas impressionner par les grands chiffres. Le nombre de vues indique le nombre de fois ou des personnes ont vu la vidéo au moins trois secondes, seulement. Par ailleurs, ce n’est pas le nombre de vues qui vous rapporte du chiffre d’affaires.

Mais.

Mais le nombre de vues reste l’indicateur le plus fin pour mesurer le niveau de propagation d’une publication. C’est aussi, soyons honnête, le plus satisfaisant. Et le plaisir, ça compte, ça donne envie de revenir à la tâche pour publier d’autres vidéos. Un petit quart d’heure warholien, ça ne fait pas de mal, n’est-ce pas ?

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Plus intéressant que le nombre de vues, le nombre de likes indique le nombre de fois où des personnes ont pris la peine d’exprimer leur intérêt. On attend avec impatience les nuances de likes sur LinkedIn, à la façon de Facebook, pour en savoir davantage sur le type de réaction provoquée par telle ou telle publication.  

Encore plus intéressant, le nombre de commentaires mesure la capacité de votre publication à générer du dialogue, principal intérêt des réseaux sociaux. C’est à cela, ainsi qu’à la qualité des échanges, que je mesure personnellement la réussite d’une publication.

Assister à l’échange, par exemple, de dizaines de spécialistes de l’action commerciale pendant plusieurs jours autour du sujet que vous avez publié, les voir s’opposer leurs arguments, tomber d’accord ou non, soumettre des idées connexes à la thématique, interpeller leurs amis par des mentions et parfois, me remercier pour la publication, donne le sentiment d’avoir été utile et donne du sens à ma présence sur les réseaux sociaux.

Cerise sur le gâteau, le nombre de partages vous donne une idée de l’intérêt supposé de vos publications non seulement pour vos lecteurs, mais de ce que eux perçoivent comme l’intérêt de leur propre audience. C’est un indice du niveau de confiance qu’on accorde à votre publication.

 

Concrètement, ça rapporte quoi ?

De un à deux nouveaux clients par vidéo sur les trois dernières vidéos que j’ai réalisées et beaucoup de contacts entrants.

Mes publications vidéo ont 10 fois plus efficaces (10 fois plus de commentaires et de partage) à contenu égal. J’ai fait le test. Après avoir rédigé un article de blog, je l’ai relayé sous deux formes le même jour sur LinkedIn. La première publication a été faite de façon très classique avec une phrase d’accroche et lien vers l’article. La deuxième publication a été promue avec la même phrase d’accroche mais appuyée par une simple vidéo face caméra dans laquelle j’ai décrit en quelques mots le contenu du billet.

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Enfin, lorsque je publie une vidéo, les demandes de mises en relation augmentent clairement. J’ai l’habitude de demander aux personnes qui m’adressent ces demandes la raison pour laquelle elle le font et parmi celles qui répondent (un sur quatre environ) la qualité perçue des publications est clairement mise en avant, bien plus que le profil et son contenu.

Bonjour Lionel. J’ai récemment vu votre video « Comment tourner, monter et diffuser 6 videos en 6 heures » sur LinkedIn, que j’ai trouvée très intéressante. (…) De fait, votre activité et vos publications m’intéressent !

Nicolas

Chef de projet SI

(…)  je travaille dans le milieu de la formation, en OF plus particulièrement. J’ai trouvé votre vidéo sur la réforme très intéressante. Je me suis dit que suivre votre actualité serait très intéressant et peut être que nous serons amenés à travailler ensemble un jour. 

Marine

Assistante de formation

(…) Je vous suis en fait indirectement par des relations communes qui like ou commentent vos publications. Actuellement en réflexion sur mon offre, j’ai trouvé vos publications intéressantes dans ma démarche, et préféré être en relation directe.

Patrice

Expert en organisation industrielle

La recette miracle ?

Vous vous doutez bien qu’elle n’existe pas. Un peu comme au golf, les chances de mettre la balle directement dans le trou sont quasi nulles, mais on peut augmenter ses chances de s’éloigner le moins possible de la cible. Et pour cela, il nous faut… beaucoup de bon sens.

Soyez utile à votre audience

Posez-vous la question de savoir si votre vidéo (et vos publications en général) vont être utiles à votre audience. Faites le test : jetez un coup d’oeil sur les 20 dernières publications publiées par vos contacts LinkedIn. Sur ces 20 dernières publications, combien vous sont réellement utiles ?

Regardez bien et vous trouverez beaucoup de remerciements de personnes qu’on ne connaît pas, par d’autres qu’on connaît peu, dans des endroits où on est jamais allé, lors d’évènements où on était pas…

Beaucoup d’égos flattés, de photos ou vidéos prises aux côtés de telle personnalité/président, directeurs, CEO, CTO, COO, CQQ… /skipper notoire/explorateur intrépide dans des lieux prestigieux, aéroports, rues de NYC, Barcelone, Londres…

Beaucoup de vidéos d’équipes exultantes, hilares, autour de baby-foot, équipés de nerfs, composées d’hipsters cools, de happy machins et happy trucs sur des petites musiques niaiseuses à base de yukulélé. 

Je suis un peu ronchon, je force le trait et je suis jaloux des hipsters car ma barbe n’est pas fournie.

Mais entre nous, il y a mieux à faire non ?

Quand j’ai fini de produire un contenu, qu’il soit court ou long comme celui-ci, j’applique toujours la même routine : « Est-ce que ce que je m’apprête à partager va être utile à quelqu’un ? » Si je pense sincèrement que oui, j’envoie. Je peux vous dire que j’ai jeté à la corbeille des heures de travail à cause (ou grâce) à ce couperet final.

 

Allez à l’essentiel

 

Identifiez l’idée forte et mettez toute votre énergie sur cette idée. Vouloir tout dire est contreproductif, surtout quand on ne dit pas l’essentiel.

L’essentiel, c’est quoi ?

  • Ce n’est pas de remercier telle personne de telle entreprise / école de commerce / chambre / fédération / association pour l’invitation / l’accueil / l’initiative / l’évènement.
  • Ce n’est pas le fait qu’on ait été ravi de partager ce moment / expérience / échanges riches / perspectives / vision avec tous ces gens @paul @jacques @marie @madeleine @ettouslessaints.
  • Ce n’est pas non plus cette citation inspirée sur la place de l’humain / les valeurs (les vraies) / le courage / le dévouement / l’empathie / et tous les bons sentiments humains qui dégoulinent depuis des années sur nos murs virtuels. Je ronchonne encore.

Non.

L’essentiel, ce sont les quelques secondes de grâce vécues par cet étudiant qui est allé parler à l’intervenant à la fin de la conférence pour lui dire, sincère, qu’il n’avait pas idée qu’on puisse faire son métier sans formation initiale et que ça va tout changer pour lui.

C’est ce chiffre dans cette étude sur le recrutement des fonctions commerciales qui a fait sursauter toute la salle et d’ailleurs le seul chiffre qu’on retiendra quelques jours plus tard et qui alimentera les conversations à la machine à café.

C’est le coup de g… de la présidente de la fédération qui formule clairement, simplement, avec des mots de tous les jours, son authentique sentiment de confiance envers l’avenir et qui balaye de la main les arguments des pessimistes.

 

C’est ça l’essentiel. Des pépites. Des petits diamants bruts. Des morceaux de vie. Du singulier. 

Ce sont ces idées fortes qui doivent être mise en évidence dès l’attaque, dans les trois premières secondes de la vidéo. C’est le temps nécessaire pour chacun de juger s’il va investir davantage de temps dans votre vidéo ou non. On zappe d’autant plus facilement que plus de la moitié des contenus sont consultés sur smartphone, et que paraît-il, chacun déroule en moyenne 92 mètres d’écran par jour avec son pouce. 

Ce qui signifie que si vous consacrez les 10 première secondes de la vidéo à faire apparaître un logo (même avec cette belle animation 3D qui fait votre fierté), vous perdez instantanément toute audience.

Allez à l’essentiel, directement, sans perdre de temps. Vraiment. Mettez votre logo à la fin si vous voulez, mais c’est en réalité inutile puisque de toutes façons votre vidéo reste attachée à votre profil quel que soit nombre de fois où elle a été partagée sur les réseaux sociaux.

Ah oui, une chose importante : le mieux est l’ennemi du bien. Une vidéo 4K super léchée c’est un vrai bonheur à regarder, mais s’il vous faut 1.000 euros de budget et un vidéaste hyper réactif à chaque fois que vous devez publier, vous n’allez pas vous en sortir.

Mais venons-en à l’essentiel.

Acquérez un minimum de technique : payez-vous une formation.

Je vends des formations « vidéos sur smartphone » et cet article est en partie destiné à vous convaincre de me rejoindre en salle de formation. Je forme aussi à distance en one-to-one.

Voici quelques indications techniques, parmi celles que je délivre en formation, sur la façon de tourner et de monter des vidéos qui trouvent leur audience sur les réseaux sociaux

Les vidéos présentées dans ce billet sont tournées avec un iPhone X. L’appareil est certes très performant mais tout autre smartphone capable d’enregistrer des vidéos ferait l’affaire. J’insiste sur ce point : inutile d’acheter un smartphone à 1200 € pour produire des vidéos.

J’utilise, pour tourner, l’application Filmic Pro (16,99 €, fonctionne sur iPhone et Android). Elle possède trois fonctionnalités que ne possède pas les applications natives (celles qui étaient déjà installées sur votre smartphone quand vous l’avez acheté) : 

  • la visualisation du volume sonore d’enregistrement.
  • le réglage manuel de la balance des blancs.
  • la possibilité d’enregistrer directement les images en format carré.

La première fonction permet d’éviter les mauvaises surprises : niveau dans le rouge = son saturé inexploitable, niveau trop bas (-50, -60 db) = son trop faible qu’il faudra booster et traiter au montage, ce qui nous fera perdre du temps.

Le réglage manuel de la balance des blancs est très utile dans les lieux éclairés par une lumière artificielle que le smartphone ne peut pas reconnaître.

Exemple : je me suis rendu chez CastoMerlin pour acheter un plan de travail pour la cuisine. J’ai enregistré un petit film pour montrer les différentes couleurs disponibles à mon épouse. À cause de l’éclairage néon, l’application native enregistrait des teintes complètement lavées et froides par rapport à la réalité. Avec Filmic Pro, j’ai pu très facilement régler la valeur du blanc (« couleur » de référence) pour restituer sur l’image les teintes originelles.

Enfin, le format carré continue d’avoir ma préférence. C’est selon moi le meilleur compromis entre la surface occupée sur l’écran au moment de la lecture (supérieure de 80% à la surface occupée par un traditionnel 16:9) et le caractère professionnel que le format vertical en 2019, ne permet pas encore de rendre.

J’ai choisi d’enregistrer en 1080x1080 pixels, ce qui correspond à une très classique Full HD rognée.

 

Un format reconnu et tendance

 

 Si tu es journaliste au média en ligne BRUT et que tu lis ces lignes, alors oui, je te l’avoue : je me suis très clairement inspiré du format développé par ton média pour réaliser mes dernières vidéos. Cela dit, avant toi NowThis et d’autres encore. Montage hyper cut, musique de fond, sous-titrage très lisible, etc.

Je pourrais inventer mon propre format, mais j’ai peur de dépenser une énergie infinie avant que ce format ne soit adopté par des dizaines de millions de personnes et considéré comme un standard. Je ne prends pas les chemins vicinaux pour aller à Brest, je prends le train.

Pour ceux qui veulent en savoir davantage sur BRUT, je conseille cet éclairage de So Stories.

Du gros son

Je privilégie les micros mains pour réaliser la plupart de mes interviews. Même si 80% des vidéos sont vues sans le son sur les réseaux sociaux, je tiens à offrir une qualité de son optimale à tous les lecteurs qui prendraient la peine d’activer le son, ce que personnellement, je fais systématiquement lorsque je découvre une vidéo.

Dans beaucoup de cas, un micro-cravate ferait très bien l’affaire, mais outre la qualité du son, je trouve que l’utilisation du micro main dans une interview apporte un aspect un peu plus formel, un peu plus pro, qui ne me déplaît pas.

Dans les 3 vidéos présentées ici, j’ai utilisé un micro main iRig HD 2 qu’on trouve aujourd’hui autour de 120 euros. Oui, c’est un investissement, mais il est rentable.

Une image stable

Côté stabilisation, j’utilise parfois un stabilisateur numérique type Osmo. J’en ai toujours un dans ma sacoche. L’appareil est conçu pour tourner des images stables alors qu’on est en mouvement, mais il est très agréable à utiliser également dans un interview, pour la stabilité et la position du poignet.

Cela étant dit, le stabilisateur numérique est loin d’être indispensable, la vidéo de Blandine Guegan du DCF, qui a fait 24.000 vues a été réalisée sans stabilisation, téléphone tenu à la main.

Voilà, merci de m’avoir lu jusqu’au bout. Si vous devez retenir un seul mot de ce billet, c’est « Utilité ». Soyez utile à votre audience et faites de belles vidéos.

Vous ai-je dit que je pouvais vous former à la vidéo sur smartphone ?

Lionel Myszka

Lionel Myszka

Consultant Formateur

Créateur et dirigeant de Lumière Communication depuis 2010.  

Accompagnement des entreprises dans leur communication sur les réseaux sociaux. Formation réseaux sociaux et vidéo mobile. Media training.

Précédemment producteur, journaliste radio et télévision.

Ecole de management de Grenoble.

Les illustrations utilisées ont été élégamment conçues par https://absurd.design/